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Théâtre

 
2008
2009
L'Allée du Roi

Lyon en janvier 2008 (Artémis Diffusion) par Marie-Christine Barrault,
Bruxelles en avril 2008, au Théâtre Royal des Galeries, par Jacqueline Bir,
Paris du 25 février au 6 juin 2009, au Théâtre Daunou à Paris par Marie-Christine Barrault.

Mise en scène de Jean-Claude Idée
Interprété par Marie-Christine Barrault
Décors et costumes : Conte Real

 

  Saint-Cyr, 1719. C'est un matin gris d'avril. La lumière monte lentement du fond par une fenêtre fermée d'une grille, qui donne sur un jardin. Il neige.
  On découvre peu à peu une vaste bibliothèque : quatre panneaux chargés de livres, un fauteuil couvert d'une housse blanche, un prie-Dieu, un petit bureau plat, deux ou trois tabourets et un de ces escaliers mobiles qui ne comptent que quatre ou cinq marches.
  Côté cour, un Louis XIV équestre, en bas relief ou sur toile, occupe le mur qui fait face aux rayonnages.
  La lumière finit par atteindre, dans un recoin, une femme dissimulée sous le grand manteau noir à capuche des Dames de Saint-Cyr. Elle se tient debout, immobile, drapée comme les pleurants des tombeaux d'autrefois.

  Monologue pour le théâtre d'après le roman de Françoise Chandernagor L'Allée du Roi. Nouvelle édition de l'ouvrage paru en 1995 sous le titre L'Ombre du Soleil. Collection « Le Manteau d'Arlequin – Théâtre français et du monde entier ».


 
 
 
 
   
1994 L'Allée du Roi

Créé au Théâtre Montparnasse
le 10 septembre 1994
Mise en scène de Jean-Claude Idée
Interprété par Geneviève Casile

 

                                  Un soir de 1719, dans la bibliothèque du couvent où elle s'est enfermée, Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse du roi de France, revoit et revit quatre-vingt-quatre ans d'une vie riche en contrastes et en péripéties : de sa naissance dans une prison de Niort au statut de « reine en exil » qu'on lui reconnaît à Saint-Cyr, de l'obscure pauvreté de son enfance antillaise à la magnificence de Versailles, de la couche d'un poète infirme à celle du Roi-Soleil, de la compagnie libertine de Ninon de Lenclos au parti pris de dévotion de l'âge mûr, elle a traversé tous les milieux sociaux et tous les courants d'idées de son siècle. Au soir de sa vie pourtant, cette femme, partie de rien pour arriver à tout, découvre que « tout n'est rien »...
  La pièce, librement adaptée du roman L'Allée du Roi, n'en est pas l'abrégé, mais une reconstitution dramatique à partir des mêmes matériaux. Jouant sur la dimension théâtrale propre aux hommes du Grand Siècle (la Cour est « la plus belle comédie du monde », on y est « sur le théâtre », on y « fait un personnage », on s'y « doit au public »), elle donne à voir, comme dans un théâtre d'ombres, la silhouette de tous les protagonistes :
  Madame de Maintenon n'est-elle pas, jusque dans ses contradictions le miroir de son temps ? La voilà qui, devant nous, se démultiplie, mime la jeunesse, fait entendre les voix disparues, et ressuscite les fêtes éteintes. Recourant aux procédés qui sont ceux mêmes de l'opéra baroque — jeux de masques, jeux d'eaux, jeux de miroirs —, l'héroïne met en scène la mécanique de son destin et les articulations d'une vie qui, de choix en choix, de marche en marche, n'est qu'une suite prodigieuse de « coups de théâtre ».
  Cinq fois, dix fois, celle qu'on surnomma « la belle Indienne » joue son sort comme on joue aux cartes et aux dés ; et si elle fait finalement « sauter la banque », c'est pour se trouver, comme tant de millionnaires inopinés, bien embarrassée par la fortune gagnée...
  De victoires paradoxales en triomphes amers, une femme, qui se voulut plusieurs et se crut « une multitude », meurt dans la solitude absolue de ceux qui ont frôlé la sagesse sans l'atteindre.

Extrait du programme de L'Allée du Roi au Théâtre Montparnasse
 
 
 
 
   
   

Télévision

 
1996 L’Allée du roi Dialogues, adaptation et réalisation :
Nina Companeez

Interprété par Dominique Blanc, Didier Sandre et Michel Duchaussoy

  Constant d'Aubigné, joueur, tricheur, voleur et assassin purge sa peine dans la prison de Niort. Sa deuxième épouse a pris pension chez l'un des gardiens. C'est donc dans la cour de cette prison que Françoise leur fille voit le jour en 1635 et c'est là, dans la misère et l'abandon, que commence le fabuleux destin de celle qui sera, 50 ans plus tard, l'épouse du plus grand Roi qu'ait connu la France...

     
 
2001 L’Enfant des lumières Adaptation : Jean-François Goyet
Réalisation : Daniel Vigne

Interprété par Nathalie Baye, Jocelyn Quivrin et Rémy Allemand

  C'est l'histoire d'une survivante. Petite fille, elle fut l'unique rescapée d'un massacre. Plus tard, elle a dû survivre au suicide du mari qu'elle adore, à la ruine de sa famille, à la honte, au déshonneur. Elle est seule, elle se bat, elle a l'habitude : c'est un personnage de Corneille, une héroïne de tragédie.
C'est l'histoire d'un enfant doué pour le bonheur. Beau et tendre, insolent, tricheur, charmant et chanceux. C'est un héros de comédie, mi-Chérubin, mi-Figaro.
C'est l'histoire de la rencontre entre ces deux êtres si peu faits pour se comprendre : il a sept ans, elle en a trente-cinq, il est le fils, elle est la mère. Retirés dans un campagne pauvre et hostile, les voila comdamnés à être tout l'un pour l'autre.
C'est l'histoire d'une éducation : la mère doit-elle contrarier la pente naturelle du fils, ou le laisser aller ? Le préparer à la vengeance ou à la vie ? L'élever pour elle même ou pour lui, pour le passé ou pour l'avenir ?
C'est l'histoire de quinze ans d'amour passionné, excessif, exigeant, heurté, entre cette mère solitaire et son fils unique. Ce « couple » singulier vit au XVIIIe siècle, au moment où basculent les valeurs de l'ancien monde — il pourrait vivre aujourd'hui

 

© Tony Franck